bidonvilles et municipales, état des lieux à rezé

5 décembre 2013

merci de trouver ici l’état des lieux proposé par l’association ame sam de rezé pour éclairer le débat public des élections municipales. l’association rencontre actuellement les représentants des principaux groupes politiques. le texte ci-dessous est dans le pdf

bidonville-et-municipales-a-reze-decembre-2013

bonne lecture.

_____________________

Association Ame Sam Rezé

ame.sam.reze@gmail.com

Bidonvilles et municipales à Rezé, état décembre 2013

L’association, créée à Pont-Rousseau en 2010, rappelle l’existence à Rezé depuis le milieu des années 2000 d’un habitat précaire de familles roumaines rom – habitat que l’État lui-même accepte aujourd’hui de nommer comme étant des bidonvilles – c’est à dire une question urbaine et non ethnique. Deux groupes de familles habitent actuellement Rezé, l’un aux anciennes Sablières, l’autre rue de la Basse-Île. Le groupe installé aux Sablières, rezéen depuis 2009, a connu une dizaine d’expulsions en quatre ans.

En ce qui apparaît comme l’absence d’exercice réel de l’autorité publique municipale sur ces bidonvilles, les conditions de vie de ces habitants précaires comme les relations avec certains riverains se sont dégradées. Deux événements récents (septembre-octobre 2013) marquent cette dégradation : l’utilisation de Rezé dans un article du magazine d’extrême-droite Valeurs Actuelles et une (petite) contre-manifestation devant la mairie, avec des panonceaux ouvertement racistes tombant sous le coup de la loi.

La virulence d’habitants mécontents se comprend par les nuisances réelles que produit un habitat sous-intégré peuplé d’habitants privés d’un certain de droits élémentaires, pour les habitants comme pour les riverains. Ce ressentiment qui prend dans le bidonville l’aspect du désinvestissement et du découragement, et dehors, chez certains, une forme ouvertement raciste traduit bien l’absence d’une politique publique municipale vis à vis du bidonville (autre que le recours au juge des expulsions). Cela a aussi été sinon créé, du moins facilité par une évolution inquiétante de la parole publique (et pas seulement au niveau local). L’action municipale n’a pas utilisé les outils usuels à sa disposition et a compensé par un discours de plus en plus ambiguë.

La mairie a choisi la politique de la chaise vide : ignorer le bidonville et ses habitants, mais aussi les riverains, le réseau associatif, les autres habitants. Elle a très peu communiqué sur le sujet et très mal (racialisme, moralisme, rumeur), le maire ayant imposé un comportement contre-productif aux techniciens et à l’équipe municipale. Celle-ci s’est toujours justifiée souvent en disant qu’elle avait logé quelques familles. Trois familles sont actuellement en logement d’urgence. Mais prendre à bras le corps la question du bidonville en 2013 dans une ville de 40 000 habitants au sein d’une des métropoles les plus développées d’Europe, ce n’est pas loger trois familles et cela ne répond en rien à la question du bidonville. La réponse est ailleurs, dans le projet politique et le projet urbain eux-mêmes.

La situation dans l’agglomération nantaise est très hétérogène et les élus sont eux-mêmes très clivés sur ce dossier : des centaines d’expulsions depuis le milieu des années 2000, mais aussi des expériences plutôt réussies et bon marché fondées sur la coopération de la collectivité avec les habitants : Les Sorinières, Sainte-Luce, Indre, mais aussi La Montagne, Le Pellerin, Saint-Jean-de-Boiseau, Couëron, La Chapelle-sur-Erdre, Treillières, Vigneux ont pris en charge cette question. Avec des dispositifs peu coopératifs, mais professionnalisés et plus coûteux, la ville de Nantes a également mené un important programme avec un certain nombre de réussites – programme très fortement réduit dès 2008 et mal assumé.

Le retour en Roumanie fait depuis 2 ans l’objet d’une politique spécifique de Nantes Métropole et alimente localement et de manière totalement disproportionnée (seulement cinq familles aidées) les fantasmes de la « vocation des Roms à retourner en Roumanie ».

L’absence proclamée de politique métropolitaine n’apparaît donc pas exacte. Ni dans les faits, ni dans les textes. S’il n’y a pas et ne peut y avoir de compétence rom, la compétence bidonvilles ressort de nombreux outils publiques existants et c’est bien le sens de l’action de la DIHAL fondée sur la circulaire inter-ministérielle du 26 août 20121, visant à mobiliser les outils urbains ordinaires. Et il n’est pas acceptable d’entendre un élu de Rezé dire que la ville applique depuis longtemps cette circulaire. C’est faux et cette autosatisfaction absurde traduit un malentendu complet sur la politique urbaine. La circulaire vise la résorption des bidonvilles et à dés-ethniciser ce dossier. La mise en œuvre de la circulaire dans l’agglomération est à ce stade fort fragile, comme a pu le constater le Préfet Régnier, lors de sa venue à Nantes le 26 novembre 2013. Une partie de la structure métropolitaine reste accrochée à ses pratiques antérieures. Le lendemain de sa visite, de nouvelles expulsions sans diagnostic avec envoi forcé de familles dans d’autres terrains illégaux, dont celui de Rezé, pourtant expulsable à tout moment. Les services municipaux de Rezé semblant ignorer et même réfuter ce qui était en train de se passer.

À ce jour, la ville de Rezé ne met nullement en œuvre la circulaire, mais a produit une action d’intégration réduite et une action de désintégration soutenue.

Elle ne s’intéresse pas à la question du bidonville.

Une occasion s’est pourtant présentée à Rezé de contractualiser les rapports avec les familles installées sur le terrain du Pendule : la médiation judiciaire entamée par l’opérateur culturel Le Voyage à Nantes. La Mairie a refusé d’y prendre part, malgré l’invitation pressante de l’association et du Voyage à Nantes. Malgré sa fin ratée, par défaillance de l’acteur municipal, cette médiation a montré que les habitants roms agissent comme les autres quand on contractualise des engagements.

Nous tenons à dispositions de nombreux exemples de comportements municipaux inadaptés, de l’hygiène à la domiciliation, de la conférence de presse à la médiation. Pourtant, l’anti-tsiganisme supposé des Rezéens ne se vérifie pas. À n’entendre que ceux qui se plaignent, certains élus ont cessé d’entendre et se sont coupés des gens de tous milieux qui ont une approche mesurée et pragmatique de cette situation, habitants, riverains ou agents des services publics.

La vocation d’Ame Sam, dont le fonctionnement a été fortement perturbé par le mur politique opposé par le maire, n’est pas de se substituer à l’action des pouvoirs publics. L’association n’a joué et ne peut jouer qu’un rôle d’intermédiation. Nous ne pouvons donc proposer aucune solution toute faite : ce serait absurde. C’est seulement de méthode qu’il faut changer et les solutions seront co-produites avec les différents acteurs concernés dans une démarche de résilience urbaine.

Rezé n’est pas et n’a pas vocation à être une ville raciste.

Pour leur part, les habitants des bidonvilles souhaitent ne plus être indéfiniment expulsables et sont prêts à à se répartir en groupes restreints sur des emplacements viabilisés à minima. Une stabilité relative leur permettrait de chercher du travail (fin des restrictions de travail au 1er janvier 2014) avec plus de succès. Ils savent aussi parfaitement qu’ils devront être aidés dans cette recherche. Ils savent aussi que l’investissement scolaire de leurs enfants et leur résultats s’améliorent avec la stabilité du logement. Enfin, ils revendiquent de ne pas être assimilés aux délinquants que peut compter leur communauté. Cette assimilation compromet gravement leur participation à la vie locale. Ce problème relève en effet de la police et de la justice. Ils demandent que celle-ci s’exerce sur les faits de délinquance.

La seule proposition que l’association soumet aux candidats et aux électeurs est un changement radical de méthode, dans l’esprit d’une politique locale participante et d’une mise en œuvre de la circulaire du 26 août 2012.

- Prise en compte du bidonville dans la politique urbaine de Rezé, pour sa résorption

- Dé-ethnicisation de cette question et parole publique contre la rumeur et le racisme

- Intégration des habitants précaires dans le processus comme acteurs ordinaires.

Quels que soient les choix que pourra faire la nouvelle municipalité, ils nécessiteront un engagement fort et clairement affirmé : des élus et des techniciens référents, des gens qui n’ont pas peur de porter l’autorité publique à tous et partout, ni de lutter contre la montée de la parole raciste et d’états de fait contraires auxvaleurs communes de la république.


commmuniqué de presse du 28 novembre 2013

28 novembre 2013

après les nouvelles absurdités bureaucratiques survenues hier dans la journée, où la police nationale, sous couvert de lutte contre les bidonvilles, a installé de force des habitants expulsés dans d’autres terrains illégaux, expulsables eux aussi, dans une approche « matériel humain » inacceptable, merci de trouver ci-joint le communiqué de presse du collectif romeurope de l’agglomération nantaise, daté du 28 novembre 2013.

communique-romeurope-nantes-28-novembre-2013


au lendemain de la visite du préfet régnier, nouvelles expulsions : à nantes, on change rien !

27 novembre 2013

Nantes, hier, colloque organisé par Médecins du Monde sur la médiation sanitaire dans les bidonvilles, à l’Hôtel de Région, et diverses réunions associées. Occasion d’un retour avec le préfet Régnier sur la circulaire interministérielle du 26 août 2012 et son application très limitée dans l’agglomération nantaise. Refus des grosses collectivités de coopérer avec habitants et associations, maintien d’une approche bureaucratique, ethnique, discours de la délinquance généralisée et du retour vers la Roumanie, discours de l’autosatisfaction quand les clignotants sont au rouge, pour les habitants roms des bidonvilles, mais aussi pour les voyageurs. La parole publique locale répète jour après jour de manière agressive une position contraire à l’esprit et à la lettre de la circulaire du 26 août 2012. Un déni de la réalité urbaine et multiculturelle.

Nantes, ce matin, emprise du Port autonome aux limites des communes de Bouguenais et de Rezé, deux expulsions en cours. Dispositif policier impressionnant et coût faramineux : dizaine d’estafettes et véhicules de police nationale et municipale, plusieurs camions-fourrières du garage Louis XVI, un tracto-pelle. Un dispositif policier qui contraste avec l’absence de police de proximité et la construction de zones de non-droit dans les bidonvilles par laxisme et cynisme. Journalistes et habitants-militants sont tenus à l’écart. Les caravanes sont poussées vers d’autres communes encadrées par la police nationale (qui a dit qu’il n’y a pas de politique métropolitaine ?). Pas de diagnostic social, pas de solution avant intervention (le problème est déplacé vers une autre commune, peut-être hors des limites de la métropole), pas de stratégie autre que le pourrissement et la construction lente mais sûre d’une parole raciste.

Bien sûr, dans le secret des cabinets locaux, une action publique pour trente familles (sur toute l’agglomération) est en préparation. Nous l’apprenons incidemment hier. Est-elle inscrite dans une politique publique contre le bidonville, le mal- logement et la précarité ? Est-elle inscrite dans une politique de lutte contre la haine raciale ? Quel lien entre les paroles et les gestes qui s’en prennent à Christiane Taubira et ceux qui animalisent et font de tous les Roms des délinquants ? Ça promet une sacrée campagne électorale, on n’a pas encore touché le fond.

IMGP6639 IMGP6640 IMGP6641 IMGP6644 IMGP6645 IMGP6646

 


Conférence de presse 19 juin 2013

4 juillet 2013

Voici les documents remis aux journalistes lors de la conférence de presse organisée le 19 juin dernier par le Collectif Romeurope de l’agglomération nantaise :

- état les lieux et préconisations
- principales démarches effectuées depuis 1 an auprès de la préfecture 44 et de la DIHAL 
- mise en oeuvre de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites
- recommandations de la DIHAL.
conf
conf
conf
conf
conf
conf
conf
conf
conf

« Cause commune » documentaire de Sophie Averty

16 mars 2013

Résumé :  Fin 2009, une quarantaine de familles roms, indésirables à Nantes, tractant des caravanes hors d’âge, arrivent à Indre.

Dès le lendemain, le maire Jean-Luc Le Drenn décide de mettre un terme à ce qu’il appelle « la politique de la patate chaude », en refusant de les expulser à son tour.

Grace à l’engagement sans faille d’une poignée de citoyens et d’élus mobilisés par ce combat collectif et politique, les familles resteront 18 mois, avant qu’une solution digne et pérenne soit trouvée.

  « Cause commune » sera diffusé sur Télénantes : Samedi 16 mars à 21h00 Dimanche 17 mars à 15h00 / 23h00 Lundi 18 mars à 10h00 / 19h00

et est visible dés maintenant sur le site de Télénantes


communiqué du collectif romeurope de l’agglomération nantaise, le 10 octobre 2012

9 octobre 2012

Le vendredi 5 octobre, le collectif romeurope de l’agglomération nantaise a rencontré le préfet de LA, chargé localement de la mise en œuvre de la circulaire interministérielle du 26/08/2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites.
En évoquant le contenu de la circulaire et son application à venir, le préfet a présenté de manière longue et détaillée l’argumentaire relatif aux expulsions (« il n’y a aucun moratoire ou suspension des expulsions en LA ») et celui relatif aux étrangers citoyens européens ne pouvant être autonomes et ayant comme unique perspective le retour en Roumanie, dans des termes et une densité que la circulaire ne contient pas.
Le dispositif d’application a été évoqué de manière très succincte : il se met à peine en place et semble à la recherche de ses outils, pourtant longuement détaillés dans la circulaire.

Nous comprenons que, pour l’instant, le nouveau cadre induit par la circulaire et mis en place en Loire-Atlantique est que chaque demande de recours à la force publique dans le cadre d’une expulsion judiciaire entrainera un diagnostic individuel des habitants de ces terrains illégaux. Actarom et Une famille, un toit sont les opérateurs choisis par la Préfecture pour ces diagnostics.
Le contenu de ces diagnostics (trois vont démarrer prochainement, un à Rezé, deux à Nantes) reste flou : proximité à l’emploi, scolarité des enfants, maîtrise du français, etc. – sans plus de précisions
La suite à donner à ces diagnostics reste peu transparente : insertion vers le logement ou renvoi en Roumanie.
De même, dans une expulsion sans recours à la force publique, les familles auront-elles « droit » à une évaluation en vue d’une insertion ?
Le préfet reçoit la semaine prochaine une dizaine de maires des communes où se trouvent des terrains illégaux.
Une plate-forme d’échanges de bonnes pratiques serait envisagée.

Nous relevons une forte distorsion entre le contenu de la circulaire (note-technique-romeurope-nantes-rencontre-prefet-05102012) et la présentation qui nous en a été faite.
Cette distorsion nous inquiète : si la circulaire interministérielle est le produit d’une négociation difficile et arbitrée par le premier ministre, il n’est pas admissible, que localement, cet équilibre soit annulé au profit de certaines des positions (expulsion, retour en Roumanie) ou de la simple reproduction des mêmes paroles et des mêmes décisions.
Si, dans les mois qui viennent, l’application de la circulaire ne produit aucun changement dans la problématique locale et l’amélioration du lien social, c’est qu’elle ne sert à rien et n’est qu’un habillage médiatique.

Nous attirons l’attention sur la bonne application de la circulaire, qui est une rupture avec des pratiques précédentes.
Les diagnostics doivent être liés aux acteurs locaux, mairies en premier lieu, et engagés dans la perspective de l’insertion des habitants.
Un même élu ne peut reprocher à des habitants précaires les conséquences sociales des expulsions, de la désinsertion et de la précarité qu’il a lui même organisées pendant des années.
La population immigrée roumaine de culture rom doit être considérée comme une population ordinaire, précaire mais ordinaire, qui s’inscrit dans l’histoire ordinaire des migrations en France.
Le comportement inadmissible de certains élus aboutit au contraire à produire une exceptionnalité rom et une catégorie problématique d’habitants.

romeurope.nantes[at]gmail.com
http://collectifromeuropenantes.wordpress.com/


souscription livre de recettes “De Punghina à Indre”

27 septembre 2012

L’équipe cuisine de Romsi va faire un livre de recette ou sont retranscrits les plats préparés lors de l’atelier cuisine.

Dans ce livre sera aussi répertorié l’histoire des femmes et leurs parcours ainsi que leurs rencontres avec la commune et l’asso.

bon de souscription à télécharger en format pdf  ici


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 225 autres abonnés