la politique officielle de nantes métropole

Ci-dessous une présentation de l’action de Nantes Métropole

Nantes Métropole mène une politique d’intégration des Roms (article extrait de la revue Mairie Conseils, 31 mars 2009).
Des trois terrains officiels au moment de l’écriture de cet article, il n’en reste plus qu’un aujourd’hui, destiné à une fermeture prochaine.
Cette action ne concerne d’autre part qu’une minorité des habitants roms de l’agglomération.

Voir aussi le rapport de Jérôme Richard , Situation et enjeux des Roms migrants à Nantes Métropole, 30 juin 2008
Rapport RICHARD Situation enjeux Roms migrants Nantes juin 2008 FR Final
ainsi que le journal de Nantes Métropole mars-avril 2008, page 5
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Cette politique est aujourd’hui discrètement abandonnée au profit de l’expulsion compulsive et du déni de la qualité d’habitants.

Nantes Métropole mène une politique d’intégration des Roms
mardi 31 mars 2009

Depuis 2000, des familles de Roms ont commencé à s’installer en nombre dans l’agglomération nantaise, dans des conditions d’une extrême précarité. Un conseiller communautaire et député, Dominique Raimbourg a imaginé une véritable politique d’intégration, qui va aujourd’hui jusqu’au développement de coopérations avec leur région d’origine en Roumanie.

« Il faut bien comprendre que les Roms ne sont pas des gens du voyage, explique d’abord Dominique Raimbourg, conseiller communautaire de Nantes Métropole et député de Loire-Atlantique. Ils se mélangent rarement aux populations nomades qui, elles, occupent les aires d’accueil imposés par la loi Besson. » La nécessité pour Nantes Métropole de se saisir de ce sujet particulier des Roms s’est imposée petit à petit. Depuis 2003, quelques familles stationnaient illégalement dans l’agglomération, de manière limitée et provisoire. Mais en 2005, dix-huit familles se sont installées à l’est de l’agglomération, sur Nantes, accompagnées par une association rurale, « Une famille, un toit », qui a été chargée par le CCAS de la ville de Nantes de les accompagner. Puis d’autres familles commencèrent à « aménager » des petits bidonvilles dans plusieurs endroits de l’agglomération. La préfecture fit procéder à des expulsions et ces familles se regroupèrent sur un vaste terrain vague à trois kilomètres du centre-ville. Le phénomène prenait de l’ampleur, devenait intercommunal et réclamait d’autres solutions que simplement répressives.
Dominique Raimbourg obtint d’embaucher en avril 2007 un chargé de mission à Nantes Métropole, Jérôme Richard, pour imaginer une nouvelle politique publique pour accompagner les familles. Un espace a été aménagé près d’un terrain d’accueil des gens du voyage, pour libérer (sans violence) le terrain vague, trop proche du centre-ville et privé de toute commodité. Cet espace fut équipé de mobil-homes, d’eau, d’électricité et… de vigiles pour prévenir les tensions entre communautés. Une association locale, Acta-Roms, a placé sur le terrain deux travailleurs sociaux à plein temps ainsi qu’un directeur à temps partiel.

Tous les enfants Roms sont scolarisés

Dix-huit mois après le début de ces actions, le bilan est très positif : 300 personnes sont prises en charges sur trois sites différents. Tous les enfants sont scolarisés et certains sont même inscrits en lycée professionnel. La tuberculose, qui commençait à sévir dans les campements de fortune aux conditions d’hygiène insuffisantes, est en voie d’éradication. Sept familles ont pu être relogées dans des HLM. Quelques personnes ont trouvé du travail dans le bâtiment. Un autre, musicien, a trouvé une place dans un orchestre et sa femme a trouvé un emploi de femme de ménage. Le couple a même pu accéder au crédit à la consommation pour s’acheter un frigo, une gazinière et une machine à laver le linge. « Mais leur situation économique reste globalement insatisfaisante, avoue Dominique Raimbourg, puisque les textes ne les autorisent à travailler que dans 150 métiers ‘en tension’ (voir article de Localtis ci-contre) qu’ils ne connaissent pas tous et qui ne sont pas forcément disponibles sur place. » Quant à l’accès au logement, il n’est pas non plus garanti car les Roms ne peuvent pas toucher d’allocations familiales. Mais comme ils le disent eux-mêmes : « Nous sommes mieux ici qu’en Roumanie de toutes façons. »
Avec la population, sur place, la situation ne pose pas de problème majeur, car Nantes Métropole a, depuis le début, organisé la concertation avec les habitants d’une part, les entreprises d’autre part et les gens du voyage par ailleurs. Aucun incident dramatique n’est à déplorer jusqu’à présent.
Cette politique ne va pas sans efforts importants et sans coûts. Le gardiennage du terrain principal a coûté 600.000 euros par an et les investissements de départ dans les mobil-homes, 300.000 euros. Le simple maintien au-dessus du seuil de pauvreté de chaque personne coûte trois euros par jour et par personne. Le conseil général prend en charge les dépenses de subsistance et de protection de l’enfance, et finance les travailleurs sociaux. Nantes Métropole, pour sa part, assure le salaire de Jérôme Richard. Depuis deux ans, il maintient le contact avec l’administration préfectorale, les associations, les élus des communes de l’agglomération, le conseil général, le conseil régional, la DDTEFP, les autorités européennes et roumaines, avec la population Roms pour essayer de la faire entrer dans un projet intégrateur, avec les habitants de l’agglomération pour apaiser les tensions et, en interne, avec les services de Nantes Métropole sur les questions techniques de gestion des déchets, entre autres…

Etablir une politique de coopération avec les élus locaux roumains

Chemin faisant, Dominique Raimbourg s’est vite aperçu que Nantes Métropole n’était évidemment pas la seule région de France et d’Europe à devoir accueillir des Roms sur son territoire. Ils sont de plus en plus nombreux à se rendre en Italie, en Ile-de-France ou sur la Côte d’Azur. Ils sont Roumains, souvent persécutés dans leur pays, et ceux qui ont jeté leur dévolu sur Nantes sont tous originaires de la même région de Roumanie, dans le sud-ouest. Ils se connaissent et se retrouvent là où la vie leur sera moins pénible. Beaucoup viennent d’abord pour faire soigner leurs enfants. Pour appliquer la nouvelle politique d’immigration, les autorités françaises accordent de temps en temps de l’argent (300 euros par adulte et 150 euros par enfant) à quelques familles et les raccompagne (sur base volontaire et dans un cadre de rapatriement humanitaire) en Roumanie. Mais quelques semaines plus tard, ils reviennent. Précision faite que le retour volontaire n’est possible qu’une seule fois.
Devant la complexité et la diversité de ces situations, Dominique Raimbourg a dû constater qu’aucune politique cohérente ne prenait en compte cette présence des Roms sur notre territoire, et qu’aucune harmonisation des politiques des différents pays de l’Union européenne n’existait sur le sujet. Dominique Raimbourg a donc décidé de poursuivre l’action au-delà des étroites frontières de son agglomération. Il a demandé à Jérôme Richard de décrypter ce qui empêche une politique concertée au niveau européen sur le sujet. Celui-ci a rédigé un rapport intitulé « Situation et enjeux des Roms migrants à Nantes Métropole » à la demande du comité d’experts sur les Roms et les gens du voyage du Conseil de l’Europe, qu’il a rendu en juin 2008. Il ressort clairement de l’analyse du contexte législatif européen que seuls les Etats membres peuvent obtenir des fonds européens pour engager des politiques publiques d’intégration de leurs minorités nationales. Politiques publiques pour le moins absentes sur le terrain entraînant la migration des Roms dans d’autres espaces. Suite aux liens tissés par le chargé de mission avec les affaires étrangères, Dominique Raimbourg est parti cinq jours en Roumanie avec un conseillère générale, Claude Seyse, rencontrer les élus locaux et la population sur place, pour tenter d’établir une politique bilatérale de coopération. Les rencontres furent chaleureuses mais révélatrices de la complexité du sujet et Dominique Raimbourg projette d’y retourner sur le thème plus précis de la santé.

Jean-Luc Varin, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis
http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1245645219485

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