quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage / 11 août 2010

Communiqué de presse du collectif RomEurope de l’agglomération nantaise du mercredi 11 août 2010

Le contexte d’une menace exceptionnelle contre les habitants roms de l’agglomération nantaise, portant gravement atteinte aux libertés publiques de tous, impose une réaction collective.
Nous appelons à nouveau l’ensemble des acteurs publics à veiller et faire veiller au respect strict des lois et des procédures, et, à ne pas se laisser embarquer dans un unanimisme et un activisme anti-rom qui n’existent que dans l’imaginaire sarkozyste.
Dans notre agglomération, l’action des collectivités est déjà largement tournée contre les habitants roms.

Il n’y ni légalité, ni légitimité à priver certains habitants de leurs droits civiques.

Vous trouverez ci-joint notre communiqué détaillé, qui revient sur la mythologie raciste du gouvernement et les nombreuses illégalités, dont sont déjà victimes, localement, les habitants roms.

Pensez aussi à signer la pétition du collectif pour l’ouverture d’une table-ronde au sein de notre métropole.

communique-romeurope-nantes-11-août-2010-def

Communiqué détaillé

À propos de l’utilisation des moyens de police contre les habitants roms de l’agglomération nantaise [ …]
À propos des pratiques extra-judiciaires […]
À propos de la privation de liberté et des charters […]

Les citoyens européens de culture rom et de nationalité roumaine habitant l’agglomération nantaise vivent aujourd’hui dans une très grande précarité matérielle et juridique. Chaque jour la politique de désinsertion menée à leur encontre renforce cette situation de quart-monde européen dans nos friches urbaines.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage

Aujourd’hui, la grande campagne estivale d’incitation à la haine raciale et un projet de vaste expulsion intra-européenne créent l’incertitude tant pour les habitants roms eux-mêmes, que pour les autres habitants – nous.

Enfin, un sondage réalisé dans des conditions extravagantes veut nous faire croire à une France raciste et décomplexée, qui soutient avec enthousiasme le racisme de l’État sarkozyste. De nombreux spécialistes viennent de montrer comment se fabrique l’opinion, en quelques clics, dans la maison de sondages de Laurence Parisot. [détails]

Un autre sondage réalisé dans des conditions bien plus conformes contredit le premier et montre que chez les sympathisants de gauche (majoritaires dans notre agglomération et notre département), le soutien à ces mesures est très faible et, qu’à droite, une forte minorité de sondés trouvent également cette politique inefficace et non conforme à l’idée qu’ils se font de l’intégration en France. [détails]

Les élus locaux ou nationaux ne peuvent s’appuyer sur une pseudo-unanimité anti-rom, fabriquée dans les officines du pouvoir sarkozyste.
Elle n’existe pas.

Le contexte d’une menace extra-judiciaire anti-rom portant gravement atteinte aux libertés publiques de tous

Les habitants roms ne sont sont pas des sous-hommes, ni des sous-habitants. Ils ne sont pas dépourvus des protections juridiques et sociales dont bénéficie toute personne vivant en France et dans l’Union Européenne.

Tous les acteurs de l’agglomération et du département doivent aujourd’hui s’assurer que les libertés publiques et l’exercice des droits individuels ne seront pas déniés aux habitants roms, habitués à la ségrégation et aux mauvaises pratiques publiques à leur encontre dans leur pays d’origine, dépourvus de la culture juridique française et des moyens financiers de se défendre correctement.

Le collectif RomEurope de l’agglomération nantaise rappelle que l’État et les collectivités doivent agir dans un cadre légal, que les procédures judiciaires doivent être respectées et que les ordres manifestement illégaux doivent être dénoncés et sanctionnés.

Aujourd’hui, la police a pris une part prépondérante (voire exclusive dans certains lieux) de l’action publique menée vis-à-vis des habitants roms, les procédures judiciaires sont accélérées, voire ignorées. Concrètement, dans notre agglomération, les policiers et les huissiers envoyés par la Préfecture et/ou les collectivités sont les « interlocuteurs » principaux des habitants roms, parfois les seuls. Ce sont eux que l’on voit sur les terrains, parfois eux seuls.

Dans beaucoup de collectivités, on a confié « le problème rom » à l’élu à la sécurité – qui empêche sur ce dossier les autres élus d’agir (éducation, affaires sociales, urbanisme, développement local, citoyenneté, etc.). Cet état de fait incompréhensible dans des collectivités dirigées par la gauche doit cesser et l’interdit de parole qui règne à propos des roms dans certaines collectivités n’est plus tenable.
Nous n’avons que faire d’élus « muets ».

Une série de dérives juridiques et policières ont déjà été observées sur l’agglomération nantaise :

En juillet 2008, une trentaine de familles était expulsée d’une friche, propriété de l’État à Nantes, sans respecter la procédure judiciaire normale, le tribunal de grande instance de Nantes condamnait l’État à indemniser les personnes expulsées. [détails]
Nouvelle affaire de procédure irrégulière jugée le 23 août prochain, contre la mairie de Nantes.
Catastrophe du laisser-aller répressif.

En 2009, un tentative de fichage ethnique des habitants roms menée par la police municipale de Nantes (note du 10 mars 2009, direction de la tranquillité publique, police municipale, dénoncée par la CFTC-SNPM le 23 mars 2009 et par les associations, puis annulée le 30 avril suivant par le maire, devant le tollé) avait déclenché la polémique. [détails] En 2010, des procédures anonymes, sans contradictoire, ni recours possible, alors que la police relève régulièrement les identités : « roms-troupeaux », privés de leurs identités personnelles.
Catastrophe de la spirale ethniciste.

En 2009 et 2010, la police municipale qui faisait procéder à l’expulsion de plusieurs terrains squattés sur la ville de Nantes, expérimentait de nouvelles prérogatives qui ne manqueront pas de susciter l’intérêt des juristes. Comme le signale un courrier des lecteurs du journal Ouest-France (édition du 6 août dernier), les policiers ne se contentent pas de faire exécuter la décision de justice, ils l’enrichissent en escortant les caravanes jusqu’à la commune de leur choix. Compte-tenu de l’état
catastrophiques des caravanes, ils désignent ainsi d’autorité la nouvelle commune de résidence des expulsés. [détails]
Catastrophe de la déontologie, du droit et de la politique métropolitaine.

Printemps 2010, cerise sur le gâteau, car on n’aime pas être dérangé quand on travaille, une intervenante de Médecins du Monde était verbalisée pour stationnement « gênant », au milieu du désordre et de la confusion d’une expulsion sur la commune de Nantes. Les simples témoins ou ceux qui connaissent réellement les familles deviennent ainsi des gêneurs.
Catastrophe de la curiosité et de l’hospitalité.

Nous appelons à nouveau l’ensemble des acteurs publics à veiller et faire veiller au respect strict des lois et des procédures, et, à ne pas se laisser embarquer dans un unanimisme et un activisme anti-rom qui n’existe que dans l’imaginaire sarkozyste.

Il n’y ni légalité, ni légitimité à priver certains habitants de leurs droits civiques.

Nous vous informons par ailleurs de l’ouverture du site web du collectif RomEurope Nantes
https://collectifromeuropenantes.wordpress.com
Vous y trouverez une information indépendante et l’ensemble des documents que nous avons produits ou collectés, et vous invitons à en diffuser l’adresse internet. Il est possible de s’inscrire à notre liste d’informations
et de signer la pétition du collectif.

Restant à votre disposition pour des échanges complémentaires, merci.
Le collectif RomEurope de l’agglomération nantaise
romeurope.nantes@gmail.com

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