où en est-on ? ce jeudi à rezé, une rencontre organisée par l’association amè sam

Demain, jeudi 18 novembre à 20 heures, bienvenue à la rencontre organisée par la toute nouvelle association Amè sam

à rezé, les roms, des habitants comme les autres (?) !
invitation à une rencontre en images au canon à pat, le jeudi 18 novembre à 20 h

avis de naissance – l’association AME SAM (nous sommes en langue romani) vient d’être créée à rezé.
elle a pour objectif de soutenir l’accès aux droits fondamentaux des habitants roms et de lutter contre les discriminations spécifiques dont ils sont victimes.
ça se passe à rezé, entre nous, habitants de la commune.
à partir d’images et de vidéos, nous vous invitons à un échange libre et respectueux entre habitants de rezé, roms et non roms – précarité et bidonville … des habitants comme les autres … quelles actions possibles, publique et associative …
les membres de l’association AME SAM vous invitent le jeudi 18 novembre, à 20 heures, au café le canon à pat, 51 rue alsace-lorraine.

tram 2 (gare pont-rousseau) ou tram 3 (pont-rousseau-martyrs)
notre email
ame.sam.reze@gmail.com
voir aussi le site romeurope de l’agglomération nantaise
https://collectifromeuropenantes.wordpress.com/

une introduction à la soirée

AME SAM Rencontre et échange au Canon à Pat, le 18 novembre 2010, le mot d’accueil.

Bonjour et bienvenue à tous.
Nous sommes réunis ce soir au Canon à Pat, rue Alsace-Lorraine, à Rezé, à l’occasion de la naissance de l’association Amè sam [Amè sam qui signifie nous sommes en langue romani].
Amè sam, association rezéenne, a pour objectif de soutenir l’accès aux droits fondamentaux des habitants roms et de lutter contre les discriminations spécifiques dont ils sont victimes. Une des premières actions d’Amè sam est justement d’organiser ce temps de rencontre et d’échange, ce soir, dans ce café.
Pour bien expliquer de quoi nous vous proposons de discuter ce soir, nous allons vous raconter la même histoire de trois façons différentes.
Version numéro 1
Une soixantaine de personnes de culture rom vivent sur la commune de Rezé : des bébés, des enfants, des adolescents, des adultes (en couple ou célibataires), parents ou parfois grands-parents. Ils sont citoyens roumains et européens et résident en France malgré l’existence d’un statut transitoire qui réduit leurs droits et créé une série d’obstacles spécifiques à leur intégration. Les Roms, aujourd’hui sédentaires pour la quasi-totalité d’entre eux et malgré divers talents qui leur sont reconnus, n’ont pas bonne réputation auprès de certains. Depuis longtemps, existe, ici comme en Roumanie et comme dans d’autres pays européens, ce qu’on appelle l’anti-tsiganisme, un racisme spécifique anti-rom. Le président de la République les a désigné cet été comme un groupe ethnique à expulser, provoquant un conflit politique avec l’Union Européenne et une nouvelle dégradation de l’image de la France dans le monde. Localement, que faisons-nous ?
Version numéro 2
Il existe à Rezé, près des nouvelles cliniques, dans un chemin piétonnier, le long de la voie ferrée, un bidonville composée de vielles caravanes fatiguées et de quelques abris légers, des toilettes sommaires dans une cabane en bois, une prise d’eau sur le réseau pompier, pas de poubelles, mais une benne mise à disposition par Nantes Métropole. Pas d’adresse, ni sur place, ni au Centre Communal d’Action Sociale de Rezé, qui doit pourtant domicilier les habitants précaires de la commune. Beaucoup, de loin, pourraient les prendre des gens du voyage en stationnement temporaire, en s’approchant, l’état de pauvreté et de précarité du terrain, l’état des caravanes, le tout petit nombre de véhicules, montrent qu’il n’en est rien. Qui sont ces gens et d’où viennent-ils ? De Vendée, du Caucase, du Mali ? Peu importe. Il existe un bidonville à Rezé. Des traces de bidonvilles récents sont également observables, du côté de la Sèvre ou des anciens Abattoirs. Tout cela dégrade l’harmonie apparente de notre société communale. Comment agir sur le bidonville ? La France a connu dans les années 60 et 70 des bidonvilles massifs de gens du Maghreb ou du Portugal notamment, mais ces quartiers d’habitat insalubre ont été résorbés. Que faut-il faire pour que ces nouveaux habitants de 2010 trouvent des conditions d’habitat dignes et salubres.
Version numéro 3
Un certains nombre de citoyens roumains de culture rom habitent à Rezé, pour la plupart dans un bidonville – quelques familles en logement social. Ceux du terrain reçoivent, comme d’autres catégories de précaires, l’aide à la subsistance du Conseil Général pour les enfants, l’aide des associations caritatives ou humanitaires (Restos du Cœur, Secours populaire, Médecins du Monde), leurs enfants sont scolarisés dans les écoles de la ville, ils utilisent les commerces locaux, commencent à accéder à un médecin de famille, trouvent quelques contrats temporaires, bien qu’ils ne puissent s’inscrire ni à Pôle Emploi, ni à la Mission Locale, ils font la manche parfois car les ressources financières sont vite épuisées. Présents en France pour certains depuis 2002, présents dans l’agglomération nantaise depuis 2006, tous ont l’expérience de nombreuses expulsions et de l’instabilité forcée, qui les empêchent de s’intégrer localement et d’entreprendre les actes habituels de personnes s’installant dans un nouveau pays ou une nouvelle ville. Les personnes du terrain des Nouvelles Cliniques, nous les avons rencontré au printemps dernier, ils s’étaient alors installés successivement sur deux terrains voisins dans la friche Rêvorient de Pont-Rousseau. Chassés par deux expulsions, ils s’installaient cet été à la Trocardière dans d’anciens terrains agricoles, installation suivie d’une nouvelle expulsion, accélérée cette fois-ci et encore à la demande de la Ville de Rezé, enfin les familles arrivaient dans ce chemin à côté des Nouvelles Cliniques, plongé dans une nouvelle situation d’attente et dans la boue de l’hiver qui arrive.
Les personnes qui créent Amè sam viennent du groupe d’habitants qui a proposé au printemps de nouer le lien entre la mairie et ces habitants précaires : organisation du pique-nique des couleurs le 12 juin dernier, organisations de trois rencontres avec des élus de la ville et des habitants du terrain en juin et juillet, accompagnement des familles dans l’accès à la santé de proximité et à une scolarisation normale, aide à la recherche d’emploi ou de stages, présence dans le collectif RomEurope de l’agglomération nantaise, et plus globalement actions pour faire cesser l’indifférence ou l’hostilité administratives et politiques à leur encontre.
C’est donc des Roms que nous pouvons parler – ça tombe bien, il y en a tout un ensemble dans la salle – mais aussi d’un bidonville en pleine ville, de l’accès au logement décent et de lutte contre la précarité, enfin, nous parlons d’une histoire singulière entre des habitants, adultes et futurs adultes, dans une commune dynamique et attractive du sud de l’agglomération nantaise.
Nous vous proposons d’abord de regarder ensemble quelques images. Ensuite, nous vous proposerons d’engager la discussion sur l’état des lieux et les conditions de l’action publique, notamment celle de la mairie (et des autres autorités publiques), et de l’action associative, et comment nous pouvons produire du mieux vivre à Rezé.

A Rezé, les Roms gardent espoir

[article du Canard Social, 30 août 2010, sur les familles roms de Rezé]

 

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