exclusif : nouvelle expulsion à nantes et table-ronde

La toute dernière expulsion de l’agglomération en exclusivité ici […]

C’était le 13 février 1970, dans Presse-Océan.
Le 15 janvier de la même année, le journaliste Daniel Garnier, ouvrant une grande enquête sur le logement des travailleurs immigrés à Nantes, écrivait dans ce même journal : Rue du M., une vieille maison tombe en ruines. Cinq ou six familles portugaises ont trouvé là un gîte … Comment ? Mystère ! L’autre matin, en sortant de « chez eux », ils découvrent une pancarte « à vendre » Ils n’ont pas été prévenus. Renseignements pris auprès de l’agence, les Portugais ne sont pas à vendre avec. […] Un jour, on apprend que quarante Portugais ont passé la nuit dans un F4 … Que sept Turcs logent dans un bungalow de chantier prévu pour 4 lits (4m x 2). Allez voir du côté des chantiers de la ZUP de Bellevue, ou près de la route de Vannes !

photo : un aperçu du bidonville qui jouxte alors les baraquements du quai Ernest-Renaud à Nantes

photo : les logements sur les chantiers des années 1970, masculinité, isolement, surpeuplement, exploitation

Les habitants roms roumains ne sont donc pas les premiers Nantais à avoir traversé l’épreuve du logement précaire, du bidonville, de l’intégration difficile. Ce ne sont pas les premiers « clandestins » à avoir intégré la métropole nantaise. Dans les année 60 et début 70, la plupart des Portugais entrent clandestinement en France, a salto et avec « passeport de lapin » : sous-qualification et même encore analphabétisme sont de mise, comme fonctionne alors la société portugaise sous la dictature finissante de Salazar.
Les Roms ne sont pas non plus les premiers à avoir provoqué une table ronde organisée par le préfet de Loire-Atlantique.

Des nouvelles de la table-ronde donc !

En mars 1970, le Préfet réunit toutes les parties prenantes lors d’une table-ronde soigneusement préparée : services publics, police, Inspection académique, Aide sociale, foyer Sonacotra, Ville de Nantes, employeurs, associations d’entraide et notamment l’Asprom (futur Gasprom), qui a préparé un rapport et des propositions d’action. Il est notamment suggéré la construction de nouveaux foyers, l’ouverture des HLM à ces nouveaux habitants et on réfléchit aux financements. Progressivement, l’effort public de relogement aboutit à la disparition des taudis, bidonvilles et baraquements de chantier.
Incroyable, ça donc déjà existé à Nantes et personne n’en parle !

[tous ces documents sont extraits de Nantais venus d’ailleurs, histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, Association Nantes Histoire / Presses Universitaires de Rennes]

Pour finir en musique, Grândola, Vila Morena.
Le 25 avril 1974, la radio portugaise diffuse Grândola vila morena, une chanson révolutionnaire de Zeca Afonso évoquant la liberté, la démocratie et le respect. C’est le signal que se sont donnés les insurgés pour s’emparer des points stratégiques du pouvoir dans le pays. Seize heures plus tard, le régime dictatorial et colonialiste s’effondre. C’est le début de la Révolution des œillets au Portugal.

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