rezé – bilan de fin d’année et voeux de l’association ame sam

bilan 2010 – communiqué du 29 décembre de l’association Ame sam

L’association Ame sam (nous sommes en langue romani) existe depuis le mois de novembre 2010 à Rezé et participe au Collectif Romeurope de l’agglomération nantaise. Ame sam fait suite à l’émergence depuis deux ans d’un groupe d’habitants interpellés par la présence sur notre commune d’habitants précaires originaires de Roumanie : mauvaises conditions sanitaires et sociales du bidonville, répétition des expulsions et, enfin, présence de nombreux enfants aux scolarités souvent chaotiques et pourtant parlant déjà parfaitement le français pour nombre d’entre eux.

Ce groupe d’habitants français a rencontré et travaillé avec un groupe d’habitants roumains stabilisé à Rezé depuis le début 2010. Une partie de cette activité a trouvé place au sein du Collectif Romeurope de l’agglomération nantaise, qui regroupe des collectifs d’habitants et des associations comme Médecins du Monde : rencontres informelles et travail formel pour dépasser les préjugés ethniques de l’antitziganisme (fléau avec l’antisémitisme et toutes les formes d’impérialisme colonial, du vingtième siècle européen), découvrir la diversité mutuelle, comprendre le piège juridique dans lequel se trouvaient enfermés ces habitants et faire baisser le niveau d’hostilité administrative à leur égard.

En effet, ces habitants roumains de l’Union Européenne sont à la fois libres de circuler, mais, dans le cadre des restrictions obtenues par le gouvernement français, vivent sous les effets d’un statut dit transitoire (jusqu’en 2014), qui leur interdit, par exemple, de s’inscrire à Pôle emploi, à la Mission Locale, de constituer un dossier dans une agence d’intérim, une entreprise d’insertion, d’être recruté sans une procédure couteuse et bureaucratique : sans réseau migratoire préalable, pauvres, sans accès aux moyens de recherche d’emploi, peu qualifiés, ces Roumains immigrés, discriminés chez eux, sont, par extension, exclus également d’un accès au logement décent et à une scolarisation ordinaire, d’une intégration « à la française ».

L’association Am sam n’a pas de solutions toutes faites à vendre. Elle suit, avec le Collectif Romeurope, toutes les expériences menées actuellement localement et en France, comme les avancées récentes de la concertation au sein de notre agglomération. L’association Ame sam revendique l’accès au droit commun, à la vie ordinaire, et que cesse l’hostilité administrative, juridique et policière contre les habitants roms : si des actions spécifiques (action rapide sur les conditions de logement, apprentissage du français, formation professionnelle, soutien scolaire) semblent évidentes, l’association Ame sam défend l’idée de l’autonomie des habitants, qu’ils soient français ou roumains. Rendre possible l’intégration, c’est essentiellement permettre que s’exerce la responsabilité de chaque habitant et que la vie ordinaire de tout habitant soit possible.

Début 2011, nous participerons avec le Collectif Romeurope de l’agglomération nantaise à la table-ronde avec le Préfet, le président de Nantes Métropole et le président du Conseil Général de Loire-Atlantique, qui se tiendra le 6 janvier. Nous rencontrerons ensuite le Maire de Rezé et ses adjoints le 17 janvier. Les avancées, à l’échelle métropolitaine (politique officielle d’accompagnement des communes volontaires par NM et le CG 44, décidée le 27 septembre 2010, et incluant a postériori Indre et Sainte-Luce déjà engagées dans une action locale), comme la nouvelle attitude de plusieurs municipalités (Orvault, Saint-Herblain, …), qui ont pris la mesure de leur propre capacité à agir positivement, laisse espérer que ce nouveau cours de l’action publique se développe aussi à Rezé et Bouguenais, comme dans d’autres communes de l’agglomération.

Fêtes, manifestations et réunions publiques à Rezé et dans d’autres lieux de l’agglomération ont accompagné et fait prospérer ce processus, associatif et politique, engagé depuis plusieurs années. Le succès public de ces événements montre aussi que les élus et décideurs n’ont pas à croire ou à faire croire à l’hostilité généralisée des habitants ou des riverains. Ce n’est pas la réalité que nous constatons quotidiennement, au contraire, et dans tous les milieux. Enfin, cette hostilité est d’autant plus faible que l’action publique se positionne clairement et participe de manière astucieuse et économe à transformer une situation urbaine qui n’est pas acceptable.
Ainsi peut-on imaginer la fin du bidonville ethnique discriminé dans notre agglomération européenne.

Dans l’attente de prochains rendez-vous ici et là, Ame sam offre à tous et toutes nos meilleurs vœux de bonheur pour 2011.

ame.sam.reze@gmail.com

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