communiqué de presse du 12 juillet 2011

Les « habitants roms », des habitants ordinaires

Lundi 11 juillet 2011, le préfet de Loire-Atlantique organisait en préfecture une deuxième rencontre (1) entre de nombreux élus (mairies, métropole et conseil général), les services de l’état et les associations d’habitants ou thématiques du collectif Romeurope de l’agglomération nantaise. Au delà des signes très décourageants envoyés par certains acteurs publics (à nouveau des dizaines d’expulsions en cours ou à venir pendant l’été, la répétition de propos très hostiles, quoique de plus en plus rares et de plus en plus difficiles à tenir en public), la rencontre a permis d’éclairer la situation sur le terrain, les politiques publiques possibles et le caractère ordinaire de cette population fortement stigmatisée. Trois habitant-e-s roumain-e-s précaires étaient présent-e-s et ont pu à nouveau s’exprimer.

Différents processus de sortie de la précarité sont visibles : par les habitants eux-mêmes, tous seuls ou grâce à des politiques publiques (diverses et à des stades variables d’engagement : un certain nombre de communes métropolitaines et non métropolitaines s’étant maintenant engagées dans un accueil ordinaire de ces habitants). Dans les communes de Sainte-Luce et Indre, la coopération entre les habitants précaires, la municipalité et les associations locales d’habitants ont montré leur très grande efficacité et leur économie de moyens. Cette coopération au plus près du terrain entre les gens concernés suggère de faire entrer partout dans le droit commun (santé, transports, emploi, scolarisation) ces habitants précaires et donc à faire évoluer les prises en charge réservées aux seuls « Roms », humainement et juridiquement condamnables.

Dans ce contexte, le Préfet a rappelé que tout enfant a droit à être inscrit à l’école de la commune sur laquelle réside ses parents quelque soit leur statut au regard du droit au séjour. La désectorisation autoritaire des « enfants roms » (loin de leur lieu d’habitation) doit cesser et il faut rendre à leurs parents leur droit à inscrire eux-mêmes leurs enfants à l’école du secteur. Cette approche « par les habitants » montre aussi qu’une partie du langage déployé vis à vis des « habitants roms » ne peut être indéfiniment utilisée : c’est le cas du « tri » entre « intégrables » et « non intégrables ». Ce vocabulaire n’a aucun fondement éthique, juridique ou quotidien. Dans le même ordre d’idée, le retour en Roumanie ne peut être être construit comme l’organisation du départ des « habitants roms » de l’agglomération, mais comme un outil de développement de projets de vie.

Enfin, tous les acteurs constatent que la difficulté d’accéder à l’emploi vient des obstacles administratifs et des préjugés ethniques : le droit au travail est ici un droit théorique, c’est à dire un droit bafoué, tant les barrières et les formes d’hostilité administratives sont nombreuses. Le maintien des mesures transitoires souligne l’incohérence entre une politique européenne qui accorde la libre circulation et d’installation à ses ressortissants, et les règlements français qui leur interdisent de fait, d’accéder à des moyens de subsistance autonomes. Il importe aussi que les politiques publiques et, en premier lieu, la parole des élus, soient porteuses des valeurs humanistes fondées sur la qualité de tous les habitants et déconstruisent les préjugés racistes.

Certaines municipalités récemment concernées par la présence de nouveaux habitants roumains en grande précarité sur leur territoire sont à la recherche de soutien et souhaitent profiter de l’expérience de leurs prédécesseurs. Ensemble, faisons de l’ordinaire la règle.

(1) La première s’était tenue le 6 janvier 20, voir le compte-rendu sur notre site

le communiqué en format pdf

communique-de-presse-romeurope-nantes-12-juillet-2011


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