un colloque

Un colloque international intitulé « « Tsiganes », « nomades » : un malentendu européen » se déroulera du 6 au 9 octobre prochain, dans divers lieux parisiens : Mémorial de la Shoah, Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, Institut hongrois, Petit Palais. Il regroupera de nombreux chercheurs d’horizons différents, anthropologues, historiens, philosophes, politologues, littéraires… qui s’attacheront à interroger la constitution récente d’une « question rom » en Europe. Ce colloque est complété et prolongé par un cycle de projections au cinéma des Trois Luxembourg (Paris 5e), du 5 au 11 octobre, permettant de voir de nombreux films rares et d’autres destinés à un plus grand public, en présence des réalisateurs, de spécialistes et de témoins. Vous trouverez ci-joints les programmes correspondants.
L’argumentaire détaillé, le programme complet des quatre jours et le résumé des interventions se trouvent désormais sur le site internet consacré au colloque.
Voici le texte court de présentation du colloque :

Au-delà de la politique de démantèlement des « camps » et d’expulsion des « Roms » lancée par l’Etat français en juillet 2010, les mesures de ségrégation contre les « Tsiganes » se  multiplient dans l’ensemble de l’Europe, différemment à l’Ouest et à l’Est, mais partout elles tendent à expulser un corps étranger. Il existe à présent à l’échelle européenne une « question Rom » que les revendications identitaires transnationales, porteuses d’équivoques, rendent peut-être plus redoutable encore. Cette production politique d’indésirables au sein des Etats-nations n’est pas une exception. Mais elle se nourrit ici d’une construction d’altérité spécifique, mélange de mépris culturel, de peur sociale et de haine raciale qui renvoie à l’image que l’Europe a d’elle-même, de son histoire, de sa vocation et de son destin.

Que signifie cette hantise d’un supposé peuple nomade dont les membres deviennent autant d’« étrangers de l’intérieur » parmi les nations, que celles-ci devraient assimiler ou éliminer ? Comment cette représentation d’un Autre européen a-t-elle pu et peut-elle encore se construire et parfois de manière interactive ? Quelle en est la fonction à l’heure de l’Union européenne et de la mondialisation ? Que dit-elle du collectif qui continue de produire et recycler cette image et les catégories  ou mythes qui lui sont associées (race, tribus, peuple, nation, minorités) ?

Le projet de ce colloque est de réfléchir à la fois sur la situation politique présente, sur cette construction politique et culturelle, sur la réalité de l’histoire vécue par ces populations et communautés, et sur la manière dont ces groupes se construisent au plan social et symbolique. Il concerne donc plusieurs champs disciplinaires à la fois, que le colloque devra tenter de couvrir : histoire, sciences sociales et politiques, philosophie, anthropologie, littérature, linguistique. Au-delà des questions de représentation, sera posée pour finir celle d’une littérature « tsigane ». On reviendra d’abord à l’histoire écrite et à écrire : au non-évènement du génocide, à la coupure qu’il n’a pas été, à la mémoire qu’il n’a pas produite.

Organisateurs : Catherine Coquio (Paris 8), Jean-Luc Poueyto (Pau), Leonardo Piasere (Vérone).

Comité scientifique et parrainage : Catherine Coquio, Jean-Luc Poueyto, Leonardo Piasere, Samuel Delepine, Emmanuel Filhol, Claude Mouchard, Jean-Yves Potel, Alain Reyniers, Michael Stewart ; Henriette Asséo, Pierre Bayard, Jean-Pierre Dozon, Éric Fassin, Marie-Christine Hubert, Hélène Mouchard-Zay, Tiphaine Samoyault, Évelyne Toussaint et Michel Wieviorka.

Avec le soutien financier de Paris 8, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de l’Institut Universitaire de France, de la Maison des Sciences de l’Homme.

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :