Conférence de presse du collectif romeurope de l’agglomération nantaise 21 février 2012

Le texte de la conférence de presse suivi des articles

Les Roms migrants sur l’agglomération nantaise et le département  :  une situation contrastée

20 minutesNantes

Quand les maires s’ouvrent aux roms

Société Les expulsions sont toujours aussi nombreuses dans l’agglo, mais pas pour tout le monde

Sur place, il reste encore quelques caravanes. Mais en début de semaine, une quinzaine de véhicules ont quitté le camp de la Neustrie : dans ce quartier de Bouguenais, les Roms n’ont pas attendu le jugement d’expulsion qui pourrait survenir ce jeudi. Ils errent, de site en site, dans l’agglomération et ses alentours. Ils déménagent, comme plusieurs fois par an, comme environ 800 personnes depuis plusieurs années. « La trêve hivernale n’a pas eu lieu, constate le collectif Romeurope. On observe au contraire un durcissement, un harcèlement assorti désormais d’obligations de quitter le territoire. »
Face à ce « stress permanent » et ses conséquences « insalubres », le ton des militants pourrait être à la colère. Il se veut plutôt à l’espoir. Car dans une bonne dizaine de communes gérées par la gauche, quelque 57 familles sont aujourd’hui accueillies et encadrées. C’est le cas à Indre, Couëron, Le Pellerin, La Montagne, etc. Une sédentarisation des Roms – nomades malgré eux – qui, dixit Romeurope, devrait inspirer les autres communes de l’agglo. D’abord parce qu’elle paie : la scolarisation des enfants devient possible, l’aide aux devoirs est facilitée, la sécurité assurée, la délinquance endiguée… Ensuite parce qu’elle est finalement peu coûteuse : « Sans dépenser des sommes démentes, le maire peut au moins s’appuyer sur l’action citoyenne des habitants motivés », diagnostique Annick Plou, de Médecins du monde.
Si les associations misent sur un effet boule de neige, c’est qu’il est déjà perceptible. Au Cellier, commune de 3 600 âmes, douze familles viennent d’être accueillies sur une aire créée en décembre dernier. « Quand la volonté politique est là, les associations gonflent leurs rangs parce qu’elles peuvent travailler avec les services techniques, compte Brigitte Biche, membre de Soleil rom et conseillère municipale à Sainte-Luce-sur-Loire. Que risque une commune ? L’expérience montre que l’appel d’air redouté n’existe pas : les familles savent que le nombre freine les progrès en termes d’intégration. » La militante vient de ressortir ses albums photos, a retrouvé une image de Noël 2011 : « Les gens avaient bonne mine. Rien à voir avec les clichés que j’avais fait à leur arrivée, en 2009. » La preuve par l’image.

 Antoine Gazeau

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :