au lendemain de la visite du préfet régnier, nouvelles expulsions : à nantes, on change rien !

Nantes, hier, colloque organisé par Médecins du Monde sur la médiation sanitaire dans les bidonvilles, à l’Hôtel de Région, et diverses réunions associées. Occasion d’un retour avec le préfet Régnier sur la circulaire interministérielle du 26 août 2012 et son application très limitée dans l’agglomération nantaise. Refus des grosses collectivités de coopérer avec habitants et associations, maintien d’une approche bureaucratique, ethnique, discours de la délinquance généralisée et du retour vers la Roumanie, discours de l’autosatisfaction quand les clignotants sont au rouge, pour les habitants roms des bidonvilles, mais aussi pour les voyageurs. La parole publique locale répète jour après jour de manière agressive une position contraire à l’esprit et à la lettre de la circulaire du 26 août 2012. Un déni de la réalité urbaine et multiculturelle.

Nantes, ce matin, emprise du Port autonome aux limites des communes de Bouguenais et de Rezé, deux expulsions en cours. Dispositif policier impressionnant et coût faramineux : dizaine d’estafettes et véhicules de police nationale et municipale, plusieurs camions-fourrières du garage Louis XVI, un tracto-pelle. Un dispositif policier qui contraste avec l’absence de police de proximité et la construction de zones de non-droit dans les bidonvilles par laxisme et cynisme. Journalistes et habitants-militants sont tenus à l’écart. Les caravanes sont poussées vers d’autres communes encadrées par la police nationale (qui a dit qu’il n’y a pas de politique métropolitaine ?). Pas de diagnostic social, pas de solution avant intervention (le problème est déplacé vers une autre commune, peut-être hors des limites de la métropole), pas de stratégie autre que le pourrissement et la construction lente mais sûre d’une parole raciste.

Bien sûr, dans le secret des cabinets locaux, une action publique pour trente familles (sur toute l’agglomération) est en préparation. Nous l’apprenons incidemment hier. Est-elle inscrite dans une politique publique contre le bidonville, le mal- logement et la précarité ? Est-elle inscrite dans une politique de lutte contre la haine raciale ? Quel lien entre les paroles et les gestes qui s’en prennent à Christiane Taubira et ceux qui animalisent et font de tous les Roms des délinquants ? Ça promet une sacrée campagne électorale, on n’a pas encore touché le fond.

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