Rezé – Les 30 familles roms sont installées pour de bon

10 janvier 2018

Source : Ouest France daté du 8 décembre 2017

Rezé – Les deux camps de Roms ouverts par la Ville, près d’Atout sud et au Vert-Prand, accueillent 126 personnes. Une première dans la métropole de Nantes, mais sera-t-elle suivie ?

Rosmina et ses deux enfants, sourires aux lèvres malgré la pluie de ce jeudi

« Tant pis si cela ne plaît pas à tout le monde, mais notre Ville est fière d’avoir fermé deux bidonvilles indignes. pour ouvrir deux terrains aménagés »

insiste le maire PS de Rezé, Gérard Allard. Qui rappelle que le conseil municipal a voté, à l’unanimité, « oui » à ce plan, le 24 juin.

Ce jeudi matin, sous une pluie battante, les élus et les techniciens de la municipalité visitent le terrain du Vert Praud, au sud de Rezé, non loin du périphérique. Un cap de 2.000 m2, qui abrite dix emplacements, pour autant de familles. « Ici, on a de quoi se laver et aller aux toilettes, c’est un grand progrès », se réjouit Rosmina, mère de la famille.

« Il manque six caravanes »

L’autre terrain, situé rue Abbé-Grégoire près d’Atout sud, est deux fois plus grand : 4.000 m2, vingt emplacements.

« Au total, 126 personnes vivent désormais dans des conditions décentes », explique la municipalité. Le 17 octobre, tout c’est passé en une journée : déménagement et fermeture des bidonvilles de Trentemoult et de Basse-Ile, où les caravanes pourries ont été écrasées par des bulldozers.

Les caravanes que les trente familles occupent aujourd’hui ne sont pas neuves, mais dans un état décent. C’est l’association Comige (Collectif pour les migrants européens), créée il y a quelques mois, qui a « collecté » ces caravanes.

« ll en manque encore une demi-douzaine pour que les familles ne soient pas obligées de dormir là où elles font la cuisine », résume Yves Madeline, président de ce comité Comige.

Rusmina confirme, avec le sourire. « Avec mon mari et les deux enfants., on est quatre dans la caravane, c’est petit ». Heureusement, il y a aussi les auvents, mais l’hiver approche.

« Favoriser le dialogue »

Ce jeudi matin, peu de monde dans le camp du Vert-Praud. Les enfants sont à l’école, c’est l’une des conditions fixées par la Ville. Les maris, eux, sont aussi absents. »La moitié d’entre eux a du travail plus ou moins régulier, et les autres doivent en chercher » poursuit Yves Madeline.
Ionica, une femme de 24 ans, s’est inscrite .à Pôle emploi. Elle est volontaire, elle aussi. »Peul-être que l’arrivée du Marche de gros. tout près d’ici, dans un an, offrira de nouvelles possibilités d’emploi », espère le maire.

Ionella, 22 ans, est heureuse. Son petit garçon de deux ans dort, et sa fille Diana, six ans, est a l’école du Chaîne Creux. ce matin. Cohérente, la municipalité de Rezé a mis les moyens : une empIoyée municipale.

Anne-Laure Brisé passe chaque jour . »Un conseil de vie scolaire fonctionne sur chaque terrain, les relations avecles riverains sont apaisées », constate-t-elle.

La métropole, où résident environ 1.600 Roms, un chiffre stabilisé, regarde devant avec intérêt l’expérience rezéenne. Une fête d’inauguration, avec des Rezéens, au printemps, serait une belle occasion »de favoriser le dialogue interculturel. » Ionica, Ionella et Rosmina ne semblent attendre que cela.

Michel TANNEAU

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Les Roms de Rezé dans leur nouvelle vie

11 novembre 2017

Trente familles ont quitté, mi-octobre, les deux bidonvilles locaux, pour s’installer dans deux petits camps plus dignes. les enfants sont scolarisés à Trentemoult.

Jour de bonheur pour les enfants Roms, sur un des nouveaux terrains ouverts par la vile de Rezé

Article complet : OF – Rezé – 18 octobre 2017

 


Femmes roms : apprendre le français en chantant

20 juin 2017
OF du 20 juin 2017 - Chant femmes Rom - Photo

Un moment de plaisir pour les femmes roms, en français, en chansons et en musique.© OF

Depuis janvier, avec le musicien Damien Ruche et l’association Action solidaire Orvault, une sensibilisation à la langue française est proposée, à travers des comptines et chansons.

L’initiative

L’association Action solidaire Orvault est née en novembre 2013 avec pour objectif de rencontrer, accompagner et aider des personnes en situation de précarité sur les thèmes du logement, de la scolarisation des enfants, la santé, l’accès à l’emploi.

L’association travaille depuis avec les familles roms installées sur la commune depuis plus de deux ans, soit trente familles réparties dans trois lieux différents, notamment avec les familles (autour de 70 personnes) du bidonville de la Jalière.

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exclusif : nouvelle expulsion à nantes et table-ronde

26 novembre 2010

La toute dernière expulsion de l’agglomération en exclusivité ici […]

C’était le 13 février 1970, dans Presse-Océan.
Le 15 janvier de la même année, le journaliste Daniel Garnier, ouvrant une grande enquête sur le logement des travailleurs immigrés à Nantes, écrivait dans ce même journal : Rue du M., une vieille maison tombe en ruines. Cinq ou six familles portugaises ont trouvé là un gîte … Comment ? Mystère ! L’autre matin, en sortant de « chez eux », ils découvrent une pancarte « à vendre » Ils n’ont pas été prévenus. Renseignements pris auprès de l’agence, les Portugais ne sont pas à vendre avec. […] Un jour, on apprend que quarante Portugais ont passé la nuit dans un F4 … Que sept Turcs logent dans un bungalow de chantier prévu pour 4 lits (4m x 2). Allez voir du côté des chantiers de la ZUP de Bellevue, ou près de la route de Vannes !

photo : un aperçu du bidonville qui jouxte alors les baraquements du quai Ernest-Renaud à Nantes

photo : les logements sur les chantiers des années 1970, masculinité, isolement, surpeuplement, exploitation

Les habitants roms roumains ne sont donc pas les premiers Nantais à avoir traversé l’épreuve du logement précaire, du bidonville, de l’intégration difficile. Ce ne sont pas les premiers « clandestins » à avoir intégré la métropole nantaise. Dans les année 60 et début 70, la plupart des Portugais entrent clandestinement en France, a salto et avec « passeport de lapin » : sous-qualification et même encore analphabétisme sont de mise, comme fonctionne alors la société portugaise sous la dictature finissante de Salazar.
Les Roms ne sont pas non plus les premiers à avoir provoqué une table ronde organisée par le préfet de Loire-Atlantique.

Des nouvelles de la table-ronde donc !

En mars 1970, le Préfet réunit toutes les parties prenantes lors d’une table-ronde soigneusement préparée : services publics, police, Inspection académique, Aide sociale, foyer Sonacotra, Ville de Nantes, employeurs, associations d’entraide et notamment l’Asprom (futur Gasprom), qui a préparé un rapport et des propositions d’action. Il est notamment suggéré la construction de nouveaux foyers, l’ouverture des HLM à ces nouveaux habitants et on réfléchit aux financements. Progressivement, l’effort public de relogement aboutit à la disparition des taudis, bidonvilles et baraquements de chantier.
Incroyable, ça donc déjà existé à Nantes et personne n’en parle !

[tous ces documents sont extraits de Nantais venus d’ailleurs, histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, Association Nantes Histoire / Presses Universitaires de Rennes]

Pour finir en musique, Grândola, Vila Morena.
Le 25 avril 1974, la radio portugaise diffuse Grândola vila morena, une chanson révolutionnaire de Zeca Afonso évoquant la liberté, la démocratie et le respect. C’est le signal que se sont donnés les insurgés pour s’emparer des points stratégiques du pouvoir dans le pays. Seize heures plus tard, le régime dictatorial et colonialiste s’effondre. C’est le début de la Révolution des œillets au Portugal.