Communiqué Romeurope Nantes – Des incendies évitables

5 février 2020

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A nouveau, ce week-end à Carquefou et hier soir, mardi 4 février 2020 sur l’île de nantes, des caravanes sont parties en fumée et heureusement, sans faire de victime. Rappelons-nous le drame de Vertou, à l’été 2019, où un bébé y a, dans les mêmes circonstances, perdu la vie.

Il ne s’agit pas d’un épisode de plus pour des personnes « en errance », de seulement 8 caravane « bringueballantes » ; il s’agit d’habilitations, d’hommes et de femmes qui pour une grande partie d’entre eux travaillent dans des entreprises locales et cherchent scolarisation et soins pour leur famille …

Dans ce drame, ils auront à nouveau tout perdu, effets personnels, papiers, souvenirs mais aussi, le si peu de sécurité et de répit, un abri même de misère et malgré tout, un toit.

Le fait qu’il n’y ait pas eu de victime ne peut pas nous satisfaire, seulement nous indigner un peu plus de ces situations inhumaines et nous imposer à agir pour que le drame ne se renouvelle pas. Nous notons avec satisfaction que les quatre familles concernées sur l’île de Nantes ont été prises en charge par le 115, mais pas celles de Carquefou ?

Le collectif Romeurope demande :

  • Aux services de l’Etat d’appliquer le droit d’habiter en relogeant ces familles durement touchées ;
  • Aux communes de l’agglomération nantaise et aux autorités compétentes, qui participent au programme MOUS (résorption des bidonvilles), de mettre en place les conditions sécurisées d’accès à l’eau et à l’électricité sur les campements-bidonvilles de l’agglomération.

Au-delà de l’action humaine et de solidarité de relogement, de l’accès à l’eau et à l’électricité, il s’agit également de sécuriser les réseaux, d’assurer un service « public » de qualité pour tout citoyen et toute entreprise sur l’agglomération, d’agir pour un meilleur vivre ensemble.

Le collectif Romeurope de l’agglomération nantaise est composé :

  • d’associations de défense des Droits de l’Homme : LDH, MRAP, GASPROM-GISTI
  • d’associations humanitaires : CIMADE, CCFD-Terre Solidaire, Médecins du Monde
  • d’associations d’éducation populaire : Ligue de l’enseignement-FAL 44, CEMEA
  • d’associations de solidarité : Romsi Indre, Soleil Roms Sainte Luce, Sol’Roms Saint-Herblain, Ame Sam Rezé, Solidaroms Vigneux, Treillières Solidaire, Avec Carquefou, Action solidaire Orvault, Droujba Clisson, Solida-Roms Bouguenais, Association Solidaire Roms Nantes Est, Citoyens Solidaires Montaigu, Solida Nantes centre, Cell’Accueil, ADIS Sautron, Fraternité Couëronnaise, Roata, UFUT
  • ainsi que des citoyens.

Il est indépendant de tout parti politique et non confessionnel.

Il dispose d’un blog https://collectifromeuropenantes.wordpress.com (on peut s’abonner) et est présent sur les réseaux sociaux Txitter et Facebook(@RomeuropeNantes).

Carte des associations : https://collectifromeuropenantes.wordpress.com/contacts

Site du collectif Romeurope national : http://www.romeurope.org


Municipales 2020 – Résorber les bidonvilles

24 janvier 2020

Municipales 2020 : résorber les bidonvilles


Accueil des Roms à Rezé : l’expérience touche à sa fin

23 janvier 2020

La Ville de Rezé (Loire-Atlantique) a commencé, en fin d’année 2017, une action d’intégration des familles Roms vivant dans la commune. La durée était fixée pour deux ans. L’action est prolongée jusqu’à l’été, indique l’association Comige.

À côté de la Classerie et au bout du nouveau quartier Jaguère, des familles Roms ont posé leurs caravanes. Elles sont expulsables à tout moment.

À côté de la Classerie et au bout du nouveau quartier Jaguère, des familles Roms ont posé leurs caravanes. Elles sont expulsables à tout moment.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/reze-44400/accueil-des-roms-reze-l-experience-touche-sa-fin-6700568


Nantes. Tensions sur l’électricité autour du camp rom

18 novembre 2019

Le camp rom, près de la rue de la Rivière, à Doulon. | OUEST FRANCE

« Cela fait plus de deux ans que ça dure« , soupire Claude Brochoire. Le secrétaire du RACC (Racing athletic-club cheminots)a tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme sur le casse-tête qui se pose à son club de Doulon, à Nantes. En effet, le camp de Roms voisin s’est branché sur son armoire électrique. Ce qui génère des coupures de courant à répétition.

« Depuis une semaine, c’est tous les jours« , explique-t-il. « Nous sommes obligés d’annuler des entraînements de hand, badminton, tennis de table, etc. le billard à dû renoncer à accueillir une compétition. Nous louons aussi une salle pour des fêtes de famille , mais impossible de savoir à l’avance s »il y aura de l’électricité, donc si elle sera utilisable. »

« Misère et indifférence »

Le club, qui compte 1.000 licenciés sportifs et 400 dans les sections culturelles, a alerté plusieurs fois la mairie, notamment par deux courriers de décembre 2018 et octobre 2019. En vain.

Face à ce statu quo, i la décidé de débrancher le courant qui alimente le camp, aujourd’hui. « Cette décision n’est pas dirigée contre les Roms, qui vivent dans la misère et ce dans l’indifférence générale. on les a d’ailleurs prévenus. Mais on veut que les élus prennent leurs responsabilités« , poursuit Claude Brochoire, qui s’inquiète aussi des risques d’électrocution. « Les fils électriques baignent dans l’eau et des enfants jouent ici … « .

les Roms savent bien que leur branchement est illégal et se disent « prêts à payer l’électricité et l’eau« , mais ils voudraient « un terrain adapté » à leur présence, explique un père de famille du camp. Avec donc une alimentation électrique aux normes.

Contactée hier, la Ville n’était pas en mesure de donner d’explications dans l’immédiat.

En août dernier, un incendie s’est déclenché dans la caravane d’un camp de Roms à Vertou, coûtant la vie à un enfant de six-huit mois. or c’est un branchement électrique non sécurisé, via un raccordement sauvage, qui, d’après les premiers éléments de l’enquête, serait à l’origine du drame.

Claire Dubois (Ouest France)


A Vertou, un enfant meurt dans l’incendie d’un camp de roms

19 août 2019

Sur un camp de fortune, où étaient stationnées quelques caravanes, à Vertou, un incendie s’est déclaré ce samedi. Il a coûté la vie à un enfant rom âgé d’un an environ.

Six caravanes et plusieurs voitures ont brûlé. Un très jeune enfant est décédé. | OUEST-FRANC

L’émotion est à son comble, cet après-midi, route de La Fontenelle, à Vertou, dans la banlieue sud de Nantes. Vers 14 h 30, ce samedi 3 août, un incendie s’est déclaré sur le terrain où sont stationnées quelques caravanes. 17 personnes de la communauté Rom habitaient cet ancien site des établissements Mainguy.

Quand les pompiers, arrivés en nombre, ont mis leurs lances en action, le feu, très violent, dévorait déjà des voitures et six caravanes. Les sapeurs-pompiers n’ont malheureusement rien pu faire pour sauver un très jeune enfant, qui a été pris par l’incendie. Âgé d’environ un an, il est décédé.

Les gendarmes sont sur place pour tenter de déterminer l’origine du sinistre, qui reste inconnue à cette heure.

17 personnes habitaient ce lieu, route de La Fontenelle. | OUEST-FRANCE

Un adjoint au maire est aussi sur place. Il assure que la mairie fera le nécessaire pour reloger les occupants du camp, sous le choc.

Des solidarités se manifestent déjà. « Ils n’ont plus rien, plus de vêtements, alors je viens donner des vêtements de mon fils » témoigne une riveraine. Les familles qui vivaient là ont quitté le terrain où le drame s’est noué. De l’autre côté de la rue, elles restent assises dans l’herbe, abasourdies.

 

Article original sur le site d’Ouest France

Une vidéo de Télénantes

Communiqué du collectif Romeurope nantais

Le CNDH Romeurope tente de tenir à jour depuis 2012 un recensement des incendies dans les bidonvilles et squats. A notre connaissance, il y a eu au moins 133 incendies dans des bidonvilles/squats ou vivent des personnes roms ou perçues comme Roms.

Nous avons recensé 13 décès dans un incendie depuis 2013, dont 6 enfants :
– Une femme, 12 mai 2013, Lyon
– Une femme, 12 mai 2013, Lyon
– Un enfant, 12 mai 2013, Lyon
– Melisa, 8 ans, 12 février 2014, Bobigny
– Un homme, 17 mai 2014, Villeneuve d’Ascq
– Un adulte, 1er juin 2015, Bagnolet
– Un  enfant, 1er juin 2015, Bagnolet
– Un enfant, 5 ans, 7 juin 2015, Carrières-sous-Poissy
– David, 5 ans, 8 juin 205, Lille
– Un homme, 27 février 2017, Nice
– Un homme, 9 décembre 2017, Marseille
– Un homme, 50 ans, 31 mars 2019, Toulouse
– Un enfant, 1 an, 2 août 2019, Vertou


Migrants : par 40°, sous des abris de fortune

29 juillet 2019

Presse-Océan, le 23.07.2019 – Antoine Roger et Héloïse Lévêque

La canicule prévue est bien là. Une situation qui rend les migrants de Saint-Herblain et les Roms d’un bidonville de l’île de Nantes encore plus vulnérables.

Ce mardi, près du camp de Roms de l’Ile de Nantes.

Le soleil s’est levé depuis longtemps sur Jeanne-Bernard. Pourtant, la plupart des migrants qui occupent le gymnase herblinois depuis neuf mois s’éveillent à peine. « La chaleur est telle à l’intérieur que je ne peux pas dormir avant 4 h du matin. Je parcours les allées pour profiter des quelques ventilateurs qu’on arrive à brancher, quand ils ne font pas sauter le courant pour la nuit. » Lamine sort des douches où l’intimité a progressé grâce aux cloisons récemment installées par la mairie de Saint-Herblain. Il n’a pas encore chaud mais sait que ça ne va pas durer.

« Rendre les choses plus supportables ».

Fin juin, lors de la première vague de chaleur beaucoup d’habitants ont dormi dans la rue tant il faisait chaud à l’intérieur. Une situation qui risque de se reproduire avec les températures prévues ces jours-ci. « Mais au moins maintenant on peut se rafraîchir dehors », poursuit le Guinéen. La mairie de Saint-Herblain, qui avait distribué 3 000
litres d’eau en bouteilles lors du premier épisode de canicule, vient de poser sept nouveaux robinets à l’extérieur. « Un moindre mal pour rendre les choses plus supportables ».

Mais la situation reste très difficile pour les occupants. Brigitte, bénévole, compte ses troupes. « Je les emmène à la Halte de nuit pour des soins. Beaucoup ont des maux de tête et on est très inquiets pour la propagation des maladies. » Dans le vestiaire réservé aux femmes, on économise chaque mouvement. « On ne peut pas aller à
l’ombre des arbres, il n’y a plus de place », explique Aïcha. « Hier, Cheïla, 3 ans, ne trouvait pas de tente suffisamment abritée pour faire sa sieste. La nuit, on peut être hébergées par le 115, mais chaque matin, à 7 h, il faut retourner au gymnase ».

« À l’intérieur, c’est un four »

Pour les habitants du bidonville caché derrière le Hangar à Bananes, la situation n’est pas meilleure. Il est 17 h, il fait 40°C. Une centaine de Roms qui habitent le camp dénué d’arbres sont allés chercher l’ombre de l’autre côté de la route. « Ici, on n’a pas d’accès à l’eau. Il faut aller jusqu’à la borne des pompiers, à 10 minutes à pied », décrit Gabriel. « Il faut faire plus de 50 allers-retours par jours avec des bidons de 20 l ».

Le camp de fortune, installé sur un terrain de SCNF Mobilités, abrite 24 familles. Plus de 100 personnes, dont deux tiers d’enfants, six bébés et une petite dizaine de femmes enceintes y vivent dans des caravanes. « À l’intérieur, mon thermomètre indique 50 degrés, c’est un four », poursuit Gabriel, 17 ans de vie en France sans connaître la stabilité.


En finir avec les situations inhumaines d’errance et de campements en France

1 juillet 2019

Paris, le 27 juin 2019

Manifeste national des associations et des collectifs citoyens, dont la LDH est signataire

Nous, associations et fédérations accompagnant des personnes en situation de précarité et collectifs citoyens de soutien aux personnes migrantes/exilées, ne cessons de constater et d’alerter sur l’augmentation du nombre de personnes, de femmes, de familles et de mineurs non accompagnés à la rue, vivant en squats, en bidonvilles ou en campements dans des conditions sanitaires et sociales indignes.

C’est pourquoi, nous dénonçons :

  • le manque de volonté politique et de moyens pour respecter le principe d’accueil inconditionnel, socle fondamental de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de précarité en France ;
  • le durcissement actuel des conditions d’accès à l’hébergement et aux droits fondamentaux dont sont victimes les familles et les personnes qui demandent protection à la France ou qui fuient des conditions de vie inhumaines.

La dégradation des conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes et des familles les plus vulnérables devient une méthode des autorités pour décourager la demande d’asile.

Les personnes sans abri, isolées ou en famille sont victimes de discrimination pour l’accès ou le maintien dans les structures d’hébergement généralistes, à la demande de l’Etat et en violation du principe d’accueil inconditionnel. Le « tri » des personnes qui sollicitent un hébergement se généralise dans le territoire, laissant à la rue et sans soins des familles, parfois avec des enfants malades, comme cela a été récemment dénoncé par les associations à Caen ou Brest.

Malgré l’obligation d’hébergement et d’accompagnement des demandeurs d’asile, moins d’une personne sur deux est aujourd’hui hébergée dans le Dispositif National d’Accueil (DNA). Une situation qui résulte d’un manque structurel de places d’hébergement (90 000 places dans le DNA pour 180 000 personnes dont la demande d’asile est en cours d’instruction ou récemment réfugiées) et qui alimente le développement des squats et des campements indignes, comme à Paris, Saint-Denis, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux…

Par ailleurs, au nom de la « fluidité » dans les structures d’hébergement, l’OFII demande même aux centres d’hébergement de mettre fin à la prise en charge des personnes et des familles ayant obtenu l’asile ou en situation de détresse, sans solution de relogement. Ici non plus, le gouvernement n’atteint pas ses objectifs (8 700 relogements réalisés en 2018 contre 16000 promis) qui nécessite aussi un engagement fort des collectivités locales.

Cette politique a pour conséquence de maintenir un cycle infernal aboutissant à plus de personnes à la rue.

Ce durcissement des conditions d’accès à l’hébergement et aux droits fondamentaux n’est pas une fatalité. Nous déplorons le manque de volonté politique et de moyens pour respecter le principe d’accueil inconditionnel qui fonde la tradition de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de précarité en France.

Face à la dégradation constatée des politiques d’accueil et d’hébergement, les fédérations, associations et collectifs citoyens s’unissent pour demander au gouvernement le respect de la loi et des droits fondamentaux de toutes et tous, dont font partie les plus vulnérables :

  • une protection et un hébergement d’urgence, immédiats et inconditionnels des personnes en errance dans différentes villes de France, leur permettant d’accéder à leurs droits fondamentaux ;
  • un accès rapide aux procédures de demande d’asile, dans le respect des délais définis par les textes, y compris pour les personnes sous procédure Dublin, ainsi qu’aux conditions matérielles d’accueil ad hoc ;
  • l’accès aux conditions matérielles d’accueil (hébergement, ADA, accompagnement dans les procédures et l’accès aux droits) tel que prévu par les textes européens pour tous les demandeurs d’asile, la création de 40 000 places d’hébergement et l’abandon des orientations directives des demandeurs d’asile vers les régions sans garantie d’hébergement qui auront très bientôt pour conséquence la création de nouveaux campements ;
  • l’assurance d’une continuité de l’hébergement pour toutes les personnes sans domicile fixe, quelles que soient leurs situations administratives, qu’il s’agisse de structures dédiées aux demandeurs d’asile ou de structures d’hébergement généraliste ;
  • la garantie de conditions d’hygiène dignes (sanitaires, urinoirs, accès à l’eau, gestion des déchets), arrêt des confiscations de matériels tant que les campements perdureront ;
  • la protection des personnes vulnérables face aux réseaux de passeurs, de trafiquants et de traites des êtres humains.

Nous, associations et fédérations accompagnant des personnes en situation de précarité et collectifs citoyens de soutien aux personnes migrantes/exilées, demandons une réponse forte, nationale, interministérielle (santé, logement, intérieur) et des mesures immédiates, en lien avec les collectivités locales pour en finir avec ces situations inhumaines.

 

Signataires : ACAT ; Actions Traitements ; Althéa Grenoble ; Amnesty International France ; ARDHIS ; Association Accueil de Jour ; Association le relai Ozanam ; Association Oiseau Bleu ; Auberge des migrants ; Aux Captifs la Libération ; CDJM 77 ; CEDIS ; Chorba ; Cimade ; CNDH Romeurope ; Collectif les Morts de la rue ; Comede ; DALO ; Dom’Asile ; EGM Paris ; Emmaüs France ; Emmaüs Solidarité ; Europe Migrante et Solidaire ; Fédération des acteurs de la solidarité ; Fédération de l’entraide protestante ; Fédération Nationale des Samu Sociaux ; Fédération Santé et Habitat ; Fondation Abbé Pierre ; Fondation Armée du Salut ; France Terre d’Asile ; Français langue d’accueil ; Jesuit Refugee Service France ; Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; Médecins sans frontières ; MRAP – Fédération de Paris ; Première Urgence Internationale ; Primo Levi ; P’tits Dej Solidaires ; Sant’ Egidio ; Secours Catholique-Caritas France ; Solidarité Migrants Wilson ; UNAFO ; UNHAJ ; Union Nationale des CLLAJ ; Vestiaire pour les migrants.